


L’œuvre existe en diptyque (200 × 100 cm) ou en solo (diamètre 100 cm)
Avec Ad Astra, Éclipse lunaire & solaire, Adélaïde Leferme engage une peinture de la concentration et du silence. Le diptyque se compose de deux formes circulaires sombres, lunaires et solaires, disposées dans une verticalité presque rituelle. Rien n’y est narratif, rien n’y est démonstratif : l’œuvre ne représente pas le cosmos, elle en condense l’expérience.
La matière joue un rôle central. Les fibres réfléchissantes, les pigments profonds et la poudre d’or captent la lumière de manière subtile, créant une vibration interne qui évolue selon le déplacement du regard et les conditions d’éclairage. La surface semble à la fois dense et poreuse, comme si la peinture retenait la lumière tout en la laissant affleurer par fragments. Ce jeu entre opacité et éclat installe une temporalité lente, invitant à une attention prolongée.
Par le choix du monochrome, l’artiste opère une épuration radicale de son langage pictural. Là où ses travaux antérieurs convoquaient figures, mythes et symboles, Ad Astra se déploie dans une économie de moyens assumée. Cette réduction formelle n’est pas un retrait, mais une intensification : la couleur devient espace, profondeur, champ de projection intérieure. Le regard n’est plus guidé, il est confronté.
Le diptyque met en tension des polarités fondamentales — ombre et lumière, plein et vide, attraction et distance. La référence à l’éclipse suggère un moment de bascule, un alignement fragile où les forces se neutralisent autant qu’elles se révèlent. Dans cet entre-deux, la peinture agit comme une surface de méditation, presque cosmique, où l’échelle humaine se dissout.
Avec Ad Astra, Éclipse lunaire & solaire, Adélaïde Leferme affirme une peinture qui se tient à la lisière du visible et de l’invisible. Une œuvre de seuil, où la matière peinte dialogue avec l’idée de l’infini, et où le regardeur est invité à faire l’expérience d’un temps suspendu.